L’atelier

« Píntame la casa donde te gustaría vivir »

Mariano Aguayo Bernuy

 

 

Je souhaitais avoir un endroit à moi. Même de vieux murs à reconstruire. J'envisageais tout cela comme une chance de créer quelque chose à partir de rien et prouver ma valeur.

Dès mon enfance, je pars à la découverte de mon palais intérieur, l'Andalousie me donne le "là".

J'emporte mes idées dans l'atelier, rassemble les outils, les couleurs, et découvre une manne originale et gracieuse.

À chaque maison, je relève un défi. Un jour, je m'arrête, et regarde l'endroit où je suis.

Je découvre que je n'ai plus à reconstruire, je peux prendre la place qui est la mienne et sourire.

Comme dans la nage - lorsque je peins - mon corps participe tout entier. Tour à tour il est le meilleur outil, donne le balancement et la souplesse qui fait danser la ligne, la trace, l’empreinte. Il imprime l’élan avec lequel la couleur plonge sur le support et l’épouse. Il assure l’équilibre délicat entre maitrise et confiance.

« …Peindre à sa manière… Qui est la meilleure, avec la confiance et l’abandon de l’amour. Dans l’atelier, rien n’est à craindre, l’eau, les couleurs, le papier, les outils dont le premier est la main que l’on amène là où l’on souhaite, tout est au service du langage. Dans une belle alliance qui n’en finit jamais de créer et regréer. C’est une grâce qui permet de relier la source avec tout ce qui l’accompagne… Un élan du coeur sans cesse renouvelé…On sait ce que cela va donner, en théorie, on espère traduire ce que l’on souhaite… Et puis il y a toujours un apport qui vient enrichir la tache, la ligne ou l’empreinte. Ce sont des surprises délicieuses avec lesquelles on compose. C’est comme un accord idéal qui ressemble à ce que la nature nous donne à voir: un reflet et une ressemblance avec son créateur. Pour moi qui suis croyante, chaque fois que je me mets au travail, j’ai rendez-vous… Et cela m’enchante! ».

Miriam Lopez Aguayo, Extrait des Conversations sur l’art de vivre M.F. y Alba 2013